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La période d'essai est une période probatoire (essai) qui suit la signature d'un CDD ou d'un CDI.
Sommaire
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La période d'essai ne peut être valide que suite à l'embauche. Elle ne peut pas être disposée ailleurs dans l'exécution du contrat de travail. Elle commence donc au démarrage du contrat de travail.
Suite à une promotion, la mise en place d'une période de vérification des capacités est envisageable mais ne peut être considérée comme une période d'essai. Ainsi la non atteinte de l'objectif assigné durant cette période permet la rétrogradation du salarié, mais ne permet pas la fin de son contrat de travail en appliquant les règles afférentes à la période d'essai [1] [2] .
Dans le cas d'un CDD poursuivit par un CDI, avec la mise en œuvre des mêmes compétences, la période d'essai débute de facto au démarrage du CDD[3].
La période d'essai a une durée définie par la convention SYNTEC [4]. Toutefois la loi n°2008-596 du 25 juin 2008 prévoit des périodes d'essai plus longues que la Convention SYNTEC. Les nouvelles durées légales prennent le pas sur les durées initialement prévues par la Convention SYNTEC[5].
Cette durée est donc de :
Quelque soit la forme écrite sur le contrat, la durée est mesurée de façon calendaire (1 mois = du 1er à la fin du mois, ou du 5 matin au 4 au soir du mois suivant). Ainsi les jours chômés sont comptabilisés[8].
La période d'essai permet de vérifier d'une part, a bonne adéquation du salarié au poste proposé, et d'autre part, la bonne adéquation de l'entreprise à votre propre recherche. C'est donc un bon moment pour vous assurer que votre nouvel employeur sera un bon partenaire pour votre carrière.
Les congés pris pendant la période d'essai repoussent la date de fin de celle-ci, que ceux-ci soient demandés par le salarié ou l'employeur.
Afin de diminuer les coût de l'intercontrat, certaines SSII insistent souvent pour que soient posés des congés sans solde. Cette pratique peu éthique provoque d'une part à faire reposer tout ou partie du coût sur le salarié, et d'autre part augmente la durée de la période d'essai, au risque de voir celle-ci non validée à terme.
La durée de la période d'essai correspond à une durée de travail puisque dans l'esprit, celle-ci est mise à profit pour évaluer l'adéquation des compétences du salarié.
Toute absence (ex : maladie) prolonge donc de facto la durée de la durée de la période d'essai.
La période d'essai peut être renouvelée 1 seule fois, à la demande de l'entreprise ou du salarié. Toutefois, cette possibilité de renouvellement doit être présente dans le contrat de travail, la possibilité générale qu'offre la Convention SYNTEC ne justifie pas en elle-même, le fait que la possibilité de renouvellement s'applique à un cas particulier, si cette possibilité n'est pas sur son contrat [9] .
Bien que la loi prévoit des durées plus longues[10], l'accord de branche étendus (donc la convention collective) continue à s'appliquer selon la directive DGT n°2009-5[11]. Le renouvellement est de[12] :
Le renouvellement doit être notifié par écrit et être accepté par les deux parties. Il ne peut être unilatéral. En cas de refus du renouvellement, l'employeur peut soit décider de ne pas renouveler la période d'essai et finalement de conclure à l'embauche définitive, soit - et c'est le plus probable - le contrat de travail prend fin naturellement.
La présence d'une mention dans le contrat de travail indiquant le renouvellement probable ou certain de la période d'essai ne suffit pas [15]. Il faut l'accord exprès du salarié sur le renouvellement et non de façon globale sur l'acceptation du contrat de travail dans son ensemble.
La période d'essai prend fin :
Quelque soit l'origine de la rupture (entreprise ou salarié), il est conseillé de tracer cet événement au travers d'une lettre officielle :
L'existence de cette marque officielle permet d'attester les délais de prévenance et préavis.
Sauf si l'arrêt maladie empêche réellement la poursuite du contrat de travail (nous ne parlons pas ici de simple désorganisation), un tel arrêt ne peut être la cause de rupture du contrat. Le salarié ne peut donc être notifié durant cet arrêt.
Toutefois, si la cause a eu lieu avant l'arrêt maladie et a été clairement notifiée, alors la notification de fin de contrat peut se faire durant cet arrêt [16]
Lorsqu'elle est faite légalement, la rupture de période d'essai ne donne lieu à aucune compensation.
Toutefois, une mauvaise pratique des SSII consiste à rompre les périodes d'essais de façons illégales. Voir à ce propos le chapitre "Légalité de la rupture" ci-dessous.
Le suivi de formations durant la période d'essai peut avoir un impact pour la salarié en cas d'existence d'un dédit formation.
Le terme préavis est juridiquement dédié à la période de travail postérieur à la période d'essai. Dans le cas d'une période d'essai, il faut parler de prévenance et non de préavis. Toutefois, par abus de langage, les deux termes sont souvent confondus dans le langage courant. Ainsi la convention SYNTEC titre son article 14 "Préavis pendant la période d'essai". Pour des raisons didactiques, nous utilisons indifféremment les deux termes.
La date de départ du préavis est précisée dans l'article détaillé.
La durée du préavis pendant la période d'essai était de [17]:
Ce délai n'est plus en vigueur même si vous le trouvez encore dans la version de la convention SYNTEC.
En effet, la loi n° 2008-596 du 25 juin 2008[18] modifie ces durées et prévaut sur la convention.
La durée du délai de prévenance est un mélange entre le code du travail[19] et la convention collective[20]. Il faut alors prendre le cas le plus favorable au salarié :
La période d'essai, renouvellement inclus, ne peut être prolongée du fait de la durée du délai de prévenance[21]. En pratique, la cour de cassation [22] a considéré que la cessation de la période d'essai jusqu'à la date limite est possible. Par exemple : si votre période d'essai fini le 31 mars, il est légal de vous notifier le 31 mars. Toutefois, l'employeur vous paiera le délai de prévenance, soit un mois du 31 mars au 30 avril. Aucune jurisprudence n'indique que le délai dépassant la période d'essai doit être fait, le dépassement risquerait de transformer la période d'essai en CDI, il est donc conseillé de payer cette période sans prolonger le contrat de travail.
Lorsque le délai de prévenance n'a pas été respecté, son inexécution ouvre droit pour le salarié, sauf s'il a commis une faute grave, à une indemnité compensatrice égale au montant des salaires et avantages qu'il aurait perçus s'il avait accompli son travail jusqu'à l'expiration du délai de prévenance, indemnité compensatrice de congés payés comprise[23].
En cas de rupture par le salarié, la durée du préavis est de :
Durant le préavis, le salarié bénéficie de jours de recherche d'emploi.
Il est courant en SSII d'embaucher un salarié sur profil, et de le conserver pendant la période d'essai en espérant lui trouver une mission.
Lorsqu'aucune mission n'est trouvée, une pratique peu éthique, souvent utilisée, consiste à mettre fin à la période d'essai. Cette pratique est illégale. En effet, la fin de période d'essai doit être liée au résultat de l'évaluation des compétences [24] [25] [26] .
Lorsqu'aucune mission n'est trouvée, la rupture de contrat a pour cause un aspect économique. La rupture doit donc se faire dans le cadre d'un licenciement économique.
Les seuls autres cas de ruptures, non économiques, doivent dépendre du salarié lui-même, peuvent découler d'une faute grave, d'une maladie ou d'un accident ne permettant pas la poursuite du contrat de travail.
L'impact de la rupture n'est pas toujours neutre : le salarié a pu quitter un emploi stable pour venir dans la SSII. La fin de période d'essai le prive donc de facto d'un emploi, et lui fait prendre un risque qui revient à la société. D'autre part, cette rupture illégale prive le salarié du préavis applicable au CDI ainsi de des indemnités afférentes, représentant plusieurs mois de salaires utiles pour sécuriser la recherche d'un nouvel emploi.
Lorsque les salariés les sollicitent, les Prudhommes condamnent fermement les SSII usant de telles pratiques. De nombreuses jurisprudences (voir ci-dessus) attestent du refus des tribunaux de ce détournement de l'usage de la période d'essai.
La rupture du préavis peut avoir une forte influence sur le droit au chômage. Se référer à cet article détaillé.